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Crise du lait : état des lieux et solutions
créé par Xavier  31-01-18
article

Depuis quelques mois, voir quelques années, nous entendons parler de l'industrie laitière dans les médias et dans la bouche des femmes et hommes politiques... Et de scandales sanitaires en scandales financiers... rien ne bouge (ou trop peu) !

Nous vous proposons donc aujourd'hui, à travers quelques articles de presses, reportages et surtout le retour de terrain de certains producteurs et productrices avec qui nous travaillons, de revenir sur le sujet.

Rappelons-nous que nous avons, en tant que consommateur, notre rôle à jouer !

En choisissant les filières courtes et rémunératrices des producteurs, au lieu des produits industriels vendus en grandes surfaces, nous pouvons faire évoluer les choses à notre échelle.

C'est pourquoi chez Kelbongoo, la transparence est de mise. Notre marge de 25% s'applique à l'intégralité des produits laitiers, vous savez donc que les productrices et producteurs touchent 75% de ce que vous payez (hors TVA) ce qui leur permet de travailler dans des bonnes conditions, tout en vous proposant des produits de qualité ! __

FERME COMPERE

"Nous avons fait le chemin inverse des autres producteurs en réduisant notre cheptel de 50 à 20 vaches laitières en 2013"

VERODRIVE

Véronique et Géry Compère, qui vous proposent chaque semaine de délicieux yaourts, nous expliquent leur positionnement et leur démarche. Merci à eux d'avoir pris le temps d'écrire ces quelques lignes très instructives !

En 2005, bien avant la crise du lait, nous nous sommes lancés dans la transformation avec pour motivation l'envie de travailler en couple et de bâtir un projet autour de la matière première (le lait) existante sur l'exploitation.

Depuis cette décision qui nous a permis de tisser des liens directs avec les consommateurs, nous n'avons eu de cesse que d'orienter nos modes de production vers un système durable, respectueux du bien être animal et de l'environnement.

Ainsi nous avons fait "le chemin inverse des autres producteurs" en réduisant notre cheptel de 50 à 20 vaches laitières en 2013, en recherchant l'autonomie fourragère, en abandonnant la culture du maïs au profit de la luzerne, en optant pour des races plus rustiques (brune des Alpes, montbéliardes, flamandes). Nous ne sommes plus sous pression de la productivité, elle nous importe peu, nous privilégions la qualité du lait et le confort des nos animaux. Les veaux restent au pis de sa mère pendant au moins 15 jours. Les vaches ont toutes leur petit nom et sont maintenant soignées par aromathérapie.

"Le but est de maîtriser notre produit de l'herbe au yaourt !"

Parallèlement nous avons obtenu l'agrément communautaire ce qui nous a permis de commercialiser nos produits à plus de 80 km autour de la ferme. Nous finalisons ce parcours en allant chercher le label BIO, le seul qui peut garantir aux consommateurs ni OGM, ni perturbateur endocrinien, ni antibiotique.... Le but est de maîtriser notre produit de l'herbe au yaourt ! Et la certification devrait arriver en novembre 2018.

Dans le même état d'esprit nous privilégions la main d'œuvre salariale plutôt que l'automatisation. Nous avons embauché en CDI deux personnes du village qui ont suivi des formations. Les yaourts sont mis en pot à la louche.....pas de conditionneuse dans l'atelier !

L'intérêt de travailler en circuit court c'est le consommateur qui le crée en s'intéressant à notre mode de production et en payant le prix qui nous permet de vivre.

"Les grands groupes, qui peuvent être des coopératives, asservissent les producteurs..."

Nous nous levons tôt le matin pour traire nous-mêmes nos vaches... pas d'ambiguïté, nos produits ont la dénomination "fermière" et non pas "fabriqué à la ferme" comme peuvent proposer certains concurrents qui n'ont pas de vaches chez eux !

Ce qu'il se passe dans l'industrie du lait est identique à ce qu'il se passe pour les cultures (céréales, betteraves, pommes de terre). Les grands groupes, qui peuvent être des coopératives, asservissent les producteurs... nous ne sommes pas capables d'assurer la logistique et de mener à bien la commercialisation sauf pour les vrais circuits courts.

"D'où l'importance de démarches comme celle de Kelbongoo"

D'où l'importance de démarches comme celle de Kelbongoo !

Kelbongoo apporte une lueur d'espoir dans un avenir bien sombre. Aujourd'hui nous nous rendons bien compte qu'il se bâtit des projets opportunistes autour des circuits courts, projets menés par des producteurs et des grossistes ayant pour seul objectif la quantité. Des agriculteurs montent des projets de transformation à échelle industrielle pour approvisionner en masse en yaourts des grossistes qui ont le monopole sur les marchés publics.

Les ateliers à taille humaine ne pourront survivre que par des démarches de consommateurs militants.

Bref.....venez visiter les fermes et vous rendre compte par vous mêmes de la sincérité des projets.

Et merci de soutenir et d'aider des producteurs comme nous !

Véronique et Géry Compère

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FERME DE MOYEMBRIE

"C'est une volonté de garder le contacts avec des gens, de maîtriser la chaine jusqu’au bout"

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Rémi Petit est salarié de l'association Ferme de Moyembrie. Leur objectif ? Faciliter la réinsertion de détenus en fin de peine en leur proposant une transition entre la vie carcérale et la vie à l'air libre. Un projet très riche que vous pouvez découvrir plus précisément en regardant le documentaire A l'air libre, que nous vous conseillons chaudement ! Merci à lui de nous livrer ces quelques mots !

N.B : Le cycle de lactation de chèvres ne reprenant que courant mai, vous devrez attendre quelques mois pour goûter fromages et yaourts de la ferme.

Pourquoi avez vous choisi de transformer une partie de votre production laitière ?

Nous transformons la totalité de notre lait. De toutes façons, il n'y a pas de coopérative qui ramassent le lait de chèvre dans l'Aisne. Mais c'est aussi une volonté de garder le contacts avec des gens, de maitriser la chaine jusqu’au bout.

Quels sont vos modes de production et pourquoi avez vous fait ces choix ?

Nous produisons des fromages, tomes, yaourts de chèvre avec un troupeau de 35 chèvres en bio. Nous avons une partie maraichage et élevage de poules (250). La combinaison élevage/maraichage est importante pour nous, pour une question de cohérence agricole et d'autonomie vis à vis de la matière organique.

Quelle est pour vous l'intérêt de travailler en circuit-court ?

Nous avons de la reconnaissance dans notre travail. Les clients nous disent quant ils ont trouvé bon ou moins un produit. Cela nous motive à en améliorer en permanence la qualité. Aussi, pour notre association, la vente directe crée beaucoup plus d'emplois que si nous livrions du lait à une coopérative.

Quelle opinion avez vous de l'industrie du lait ?

C'est un milieu que nous connaissons très mal, hormis ce qu'on entend via les médias.

Comment voyez vous l'avenir de votre métier ?

L'avenir, pour nous qui travaillons uniquement en vente directe, est très prometteur. Nous avons peu de craintes par rapport à la commercialisation. Le lait de chèvre a toujours le vent en poupe et les scandales sanitaires actuels permettrons peut être aux consommateurs de se poser la question de la qualité des produits issues de l'agro-industrie. Nous espérons tout de même que les mesures de précautions sanitaires qui vont être prises suite aux scandales ne retombent pas trop sur les petits producteurs en vente directe, qui sont généralement très consciencieux car ils ont en direct les clients.

Rémi Petit